
RUSTICA - Novembre 1952
Par G. DIONNE.
Ce
chien, vif, intelligent, ayant une grande force sous un petit volume,
se presente sous l'aspect d'un animal trapu, bien musclé,
fortement membré, de poil ras et lisse. La tête,
dit le
standard, doit être forte, large et carré ; la
peau
plutôt lâche, forme des rides et des plis presque
symétriques. Les lèvres sont épaisses
et noires ;
les yeux de couleur foncée, légerement en
saillie, ne
laissant voir aucune trace de blanc quand le chien regarde en face. La
queue et courte, plantée bas et collée aux
fesses,
épaisse à la base, de préference
nouée et
doit se terminer effilée ; les membres forts et
musclés ;
le poil ras, serré et doux.
Quant aux couleurs admises, elles sont assez variées : tous
les
bringés, sauf le noir absolument pur, mais je dois ajouter
que
la coloration noir d'ébène, chez le bouledogue
français est excessivement rare et que lorsqu'une
couleur
trés foncée existe, rappelant presque le noir, il
y a
aussi, assez souvent, des traces de bringé, en concordance
avec
l'exigence du standard sous ce rapport ; enfin, la robe |
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"caille",
c'est-à-dire blanche et bringée ou
tachetée est à retenir
comme étant une des plus recherchées et des plus
communes.
Le bouledogue français était autrefois le
fidéle
compagnon des cochers de fiacre : il les accompagnait dans toutes leurs
promenades à travers la capital et , lorsque le "collignon"
descendait, le bouledogue, au collier hérissé de
pointes,
gardait la voiture, solide au poste sur le siége. Depuis que
les
"sapins" ou taxis à chevaux se sont
raréfiés, le
bouledogue a changé d'adaptation : il a connu, il n'y a pas
tellement longtemps d'ailleurs, une autre vogue. Il est devenu un
agréable compagnon du citadin et du promeneur, aimant
à
faire , le matin, en compagnie de son maitre, sa promenade au bois.
Enfin, à la maison, le bouledogue français,
malgré
un air rébarbatif inhérant à sa race,
fait preuve
d'amitié et de dévouement vis-à-vis de
son maitre
; aimant également à jouer avec les enfants de la
maison,
il est devenu , en un mot, un chien d'agrément dans toute
l'acception du mot. Mais cet attachement à ses maitres n'a
pas
exclu le sentiment de leur protection et, aujourd'hui, le bouledogue
français a conservé des qualités
naturelles de
chien de garde qui sont incontestables : il ne laisse pas
pénétrer l'étranger dans votre
propriété s'il ne le connait pas et si celui-ci
n'est pas
devenu, par la fréquence de ses visites, un
habitué de
votre maison.
Au point de vue élevage, on a dit avec raison que la mise
bas
était assez difficile chez cette race, mais je me souviens
aussi
de l'excellent conseil d'un de mes amis, professeur
véterinaire,
qui me disait autrefois que, pour le bouledogue français, il
ne
fallait pas faire saillir les chiennes avant qu'elles aient atteint au
moins l'âge de dix-neuf à vingt et un mois : on
evite
ainsi beaucoup d'accidents de gestation et de mise bas ; quoi qu'il en
soit, ce conseil s'adresse surtout aux amateurs, les
éleveurs
spécialisés connaissant cette
particularité.
G. Dionne.
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