En
1934, apparait "LE LIVRE D'OR DE L'ESPECE CANINE" sous le haut
patronage de la Société Centrale Canine et du Saint-
Hubert Club de France
tiré à 185 exemplaires. Il est une monographie
constituant une encyclopedie scientifique de toutes
les races composée de 280 pages. La préface
indique qu'il est également
une sorte de livre héraltique du Livre
des Origines
Française (L.O.F).
Chaque race comporte un commentaire. Celui
consacré au Bouledogue Français est le suivant :
" Cette race est
d'origine bien Française, pourtant son
type,
son aspect et ses caractéres sont à present bien
différents de ce qu'ils étaient voici un
siécle.
A cette
époque, le Bouledogue présentait un
aspect moins
massif, plus enlevé et d'allure plus
légère. La
tête, notamment, plus profilée, et avec un museau
assez
épais, certes, mais cependant assez long, et les oreilles
tombant
sur les côtés.
La queue
était d'une longueur normale, et le corps d'un
ensemble
plus mobile, que la silhouette du Bull Terrier de nos jours rapelle un
peu, en moins lourd, toutefois.
Aprés
diverses sélections, dues à
l'origine, bien
plutôt au hasard des voisinages qu'à une recherche
raisonnée, la tête s'arrondit, le museau
raccourcit et les
oreilles se dressèrent. D'aucuns prétendent que
le
phénomène constaté chez les races
où
l'ablation de la queue est constamment pratiquée, a
provoqué la naissance de nombreux sujets anoures.
Le
redressement des oreilles chez le Bouledogue proviendrait alors,
dit-on, de l'ablation totale ou patielle de ces appendices chez des
sujets dont la destination assez naturelle étant de
combattre,
se voyaient amputés des membranes auditives pour laisser
moins
de prise aux attaques.
Ce qui est
plus certain, c'est que pour quelque cause que ce soit des
sujets étant porteurs d'oreilles droites furent
sélectionnés et rassemblés assez
constamment pour
tenter de fixer cette originale particularité.
Il est par
ailleurs, remarquable que ce détail essentiel de
la
physionomie du Bouledogue Français constitue avec le nez
presqu'absent le principal souçi des producteurs, et c'est
précisement la fréquence assez
élevée des
déceptions constatées à cet
égard, qui peut
permettre d'affirmer que cette conformation n'est pas naturelle
à la race, car peu de sujets la possédent dans
les
conditions de perfection tant désirées des
amateurs de
Bouledogue Français.
Ensuite, le
poids lui-même fut abaissé dans des
proportions considérables. A l'origine, un Bouledogue pesait
de
18 à 25 kilogrammes. Diverses
préférences et une
mode inopinément surgie, firent désirer des
sujets d'un
poids moitié moindre, de sorte qu'il n'est plus
accepté
de nos jours de chiens de ce poids, par ailleurs, sont moins
estimés que ceux encore plus légers.
Ce n'est pas
sans de dures conséquences physiologiques que
d'aussi graves modifications du type initial furent obtenues. Le
Bouledogue Français moderne est , en
général, un
chien de santé assez délicate, souvent
doué d'une
faible appétence et difficile à nourir et la
parturition
extrémement dangereuse pour les chiennes démunies
de
toute rusticité, constitue un des obstacles les plus graves
au
grand développement du nombre des produits d'elevage et
même, osons le dire, de leur qualité
générale.
Par contre,
les qualités morales de ce chien sont uniques
dans
l'espéce canine. D'une intelligence prodigieuse, constamment
éveillée et toujours tendue vers son
maître, le
Bouledogue est un compagnon d'un esprit si prés de
l'humanité, que bien peu parmi les amateurs qui en ont
possédé, peuvent arriver à s'en passer
ensuite.
D'une
âme - le mot n'est pas trop gros - nette et simple,
d'une
bonté et d'une douceur jamais en défaut, ce chien
est en
même temps doué d'une froide bravoure et d'une
tenacité au combat, devenue légendaire. C'est le
chien
qui tient et ne lâche jamais, ni l'adversaire, ni l'affection
qu'il porte à son maître. Ordinairement calme et
méditatif, il dédaigne les menus incidents qui
surgissent
prés de lui et pointant légèrement les
oreilles,
il se retourne ensuite avec le mouvement de notre haussement
d'épaules.
Jusque vers
1900, cette race était
élevée par des
amateurs de condition modeste, leur préference inconsciente
les
poussait vers ce type à physionomie un peu humaine, mais
dés 1901 et 1902, de nombreux amateurs américains
s'en
éprirent et vinrent en France acquérir
à prix d'or
les meilleurs représentants de la race.
Et ce
fût dés lors le commencement de la
débacle,
car plus avides d'argent que de sport, les éleveurs
abandonnérent leurs plus beaux sujets aux
acquéreurs
étrangers, ne conservant que les inférieurs pour
la
production.
Puis vint la
guerre, dont l'une des moindres conséquences
fut
l'abandon de presque tous les élevages. Aussi, vers 1920, ne
restait-il plus, pour ainsi dire, d'élemants
intéressants
de reproduction.
Par miracle,
cependant, quelques sujets moyens subsistaient encore, qui
triomphaient, sans lutte, dans des classes appauvries, où
l'on
vit tel chien obtenir des Premiers Prix alors qu'un semblable n'eut pas
atteint à la Mention, 10 ans plus tôt.
Il est
heureux que certains élevages étrangers,
constitués en Hollande, en Angleterre, aux Etats Unis et en
Suisse, aient pu aider à ranimer une flamme
déjà
vacillante et coopérer au relévement d'une race
dont la
valeur était presque éteinte.
On commence
à en entrevoir les résultats. Les
Bouledogues
actuellement présentés sont plus robustes, plus
actifs et
vivaces, que ceux qui les précédaient
immédiatement et avec le goût sans cesse croissant
des
amateurs de cette précieuses race, il est permis de croire
au
retour prochain de la perfection ancienne.
Ce sera tout
à l'honneur des éleveurs courageux -
oh
combien ! - que rien ne rebute dans ce difficile et décevant
travail, et dont nous citons quelques un ci-dessous. "
Le CHENIL DES TRAVERS JUSSET à M. Lecomte.
Le CHENIL DE LA PORTE DE LA CROIX à M. Laporte.
Le CHENIL VON MERLISCHACHEN à Mme M. muller ( Suisse ).
Le CHENIL DE MAIA à M. Jean Gayot.
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