LE BOULEDOGUE FRANÇAIS
Texte original de 1950
de Mme A. PERRON


Dans beaucoup de race de chiens, il y a eu et il y aura encore trois tailles. Pour nos dogues français, le grand est représenté par le dogue de bordeaux, le moyen par le doguin, et le nain par notre bouledogue français.
L'origine du bouledogue français a donné lieu à de nombreuses controverses ; c'est un chien qui n'est pas fabriqué d'hier. Malheureusement, il existe peu de description anciennes, et trés peu ou pas de gravures de bouledogues de l'ancien temps.
Les vieux auteurs le décrivent comme un chien combatif, trés courageux, aux formes trapues, au museau court et large, à mâchoire inférieure forte et avançant sur la mâchoire supérieure. Son caractère est énergique et redoutable.
Il se rattache par sa conformation et son tempérament au dogue antique, ce puissant molosse qui serait d'origine asiatique et à la base de toutes les races de dogues actuels, qui ont des représentants dans tout les pays !
Selon certains auteurs, c'est surtout en Angleterre qu'on y pratiquait l'élevage sur une grande échelle pour expédier les bouledogues dans les pays où les combats d'animaux avaient lieu. Autrefois le bouledogue, ou bulldog, était spécialement dressé ( en particulier en Espagne et au Portugal ) pour des combats de taureaux.



En 1133, sous le régne de Henri II d'Angleterre, on employait ces dogues à des combats contre l'ours et le taureau. On sélectionna sur le type bouledogue, plus ramassé et trapu, quoique aussi musclé et agile, mais moins vulnérable devant l'adversaire, donc plus apte à affronter le taureau.

Interdits par une loi en 1835, ces combats cessérent. Il en résulta une certaine dégénérescence pour ces chiens, dont la race périclita, faute d'être employée. On cite, en 1860, l'émigration des dentelliers de Nottingham et de Sheffield sur les côtes normandes, accompagnés de petits bouledogues qui avaient beaucoup évolué.
L'inactivité, les méthodes d'élevage ont finalement modifié ce chien de combat, et le bouledoguede nos jours, transformé, a conservé de son ancêtre le molosse les qualités de courage, de ténacité, de détermination et de fidélité.
Physiquement il est bâti comme un petit athléte, compact, avec le crâne massif, le museau large, le nez retroussé, la mâchoire inférieure débordantes, le cou épais, la poitrine large, les membres droits et musclés ! C'est un chien harmonieux ; sa démarche est active et légère, trottante et même galopante.
La caractéristique de cette race est de ne pas avoir de nez. Il est si réduit, le nez du bouledogue français, que pratiquement il n'en a pas. La truffe doit être ouverte, et la cassure du nez ou stop , trés prononcée. Ce nez paraît remonter vers le crâne. A ce sujet, Pierre MEGNIN dit que cette transformation est due à un arrêt de développement des os sus-naseaux et à un développement plutôt en largeur des autres os. C'est une anomalie héréditaire, et qui tend à s'exagérer à mesure que la taille rapetisse.

L'origine du bouledogue fut trés discutée, mais l'opinion autorisée de la Comtesse de COMMINGES, qui a consacré un livre trés documenté à ce chien intéressant, permet de situer non sans fondement le berceau de la race en Angleterre et d'admetttre qu'elle est issue d'un croisement entre terrier et le bulldog anglais léger, que l'on voit dans les vieilles gravures aux environs de 1848.

Ils apparurent en France vers 1840. Quelques grands chasseurs, dont le Comte Le Coulteux de Canteleux, en importérent d'Angleterre pour la chasse aux blaireaux, leur reconnaissant un mordant supérieur à celui des terriers. Ils étaient trés différents du type d'aujourd'hui.

Cette race a été revendiquée par les français, qui ont fixé le type si caractéristique de ces chiens par des croisements habiles et judicieux avec de petits chiens ratiers sans races bien définies, qui existaient il y a prés d'un siécle et rappelaient les terriers et petits bulldogs.

Ils étaient dans les mains de gens modestes, de petits artisans qui travaillérent dans l'ombre au debut. Ils apparurent dans les écuries des faubourgs comme chiens ratiers, les cochers de fiacre et les bouchers de la Vilette les préfèrent aux terriers.



Carte postale ancienne.



Les propriétaires de ces chiens, passionnés d'élevage, vivaient entre eux, dédaignant la publicité, comparant et discutant les mérites de leurs chiens derriére le comptoir des marchands de vin ou l'échoppe du savetier. Ils sélectionnérent dans les portées les animaux correspondant le mieux à leur idéal.

C'est ouvriers de la premiére heure ont donné un chien typiquement français dont l'étranger ne conteste plus la paternité à la France et dont il a adopté le standard.
En 1885, les bouledogues eurent un registre et firent leur apparition dans les expositions.
Le Club du Bouledogue Français fut fondé en 1898 ...


Le standard du Bouledogue Français en cliquant ici
Bref aperçu historique du Club du Bouledogue Français en cliquant ici


Source : Journal "Le Chasseur Français" - Nov. 1950.


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