CH. Sage of Nork


L'HISTOIRE DU BOULEDOGUE FRANÇAIS EN ANGLETERRE
ET L'HISTOIRE DE SON CLUB
Par Waldner Comminges


Ce Club fut fondé en 1902 et les stauts établis en 1925 sont le resultat de 23 années d'élevage. Durant ce laps de temps, le Club a non seulement tenu dix-neuf expositions importantes, mais il n'a cessé d'encourager l'élevage par le nombre de ses classes ainsi que par le nombre de ses prix et de ses coupes d'honneur.
En invitant les meilleurs experts français à venir donner leur opinion, les éleveurs ont fortifié et affermi le type français.
Le "French Bulldog Club" d'Angleterre fut fondé en 1902, au moment où le bouledogue français tel qu'il est n'existait pas dans le pays. Nous disions tel qu'il est, car bien que les premiers petits bouledogues eussent été amenés d'Angleterre vers 1803 ils y étaient ignorés et on niait l'existance d'une véritable race française distincte de la race anglaise.
Cette race française distincte de celle du Bulldog miniature anglais était encore contestée en 1902 et on se répandit en polémiques guerrières pour saluer la fondation du nouveau Club.
Toute les forces du puissant Bulldog-Club et du Toy-Bulldog se soulevérent contre ce petit chien français qui osait exister et plus encore s'appeler du sacro-saint nom anglais de Bulldog.
Une fois pour toutes, on démontra qu'étant appelés Bulldogs, ils étaitent trop anglais pour être français mais puisqu'ils étaient français, ils n'avaient aucun droit à s'appeler Bulldogs. On allégua qu'ils étaient en trop petit nombre pour être reconnus officiellement, et on les dédaigna.
Mais bien que leur type fût français, ces chiens n'en devenaient pas moins une menace pour le type anglais Alors, pouvait-on les ignorer ? Cruelle alternative ...

Le French Bulldog Club en tenant sa premiére exposition du french bulldog en avril 1903, au Tattersall, donna une réponse sans répliquer à toutes ces controverses. On invita pour juger les chiens M. Menans de Corre, autorité française et bien connue et indiscutée.
Il y eut 70 engagements et 54 chiens exposés. Les juges rapporèrent que sur ces 51 chiens dix au plus étaient ordinaires, qu'on pouvait qualifier les autres de bons et trés bons, et que leur type témoignait du soin et de la prudence avec lesquels on avait fait l'élevage.
Cette exposition mit au point deux questions : le nombre effectif des chiens et le type définitif du bouledogue français en Angleterre.
Il eut une grande amélioration de l'élevage en 1905, et le bouledogue français ne pouvant plus passer inaperçu, le Kennel Club dut le reconnaître et l'admettre. Pour ne pas empiéter sur les droits du Bulldog anglais, on donna au petit chien le nom de "Bouledogue français" à la place de "french Bulldog" et ces chiens furent classés comme sous-variété de chiens étrangers, au même titre que les chiens esquimaux, les Lhaska et les Samoyèdes. Mais à l'exposition du Kennel Club en 1905, les Bouledogues français furent dûment classés.
En 1912 le Kennel Club décida que le nom de la race connue comme "Bouledogue français" prendrait le nom officiel de "French Bulldogs".

En Angleterre l'élevage se suffit à lui-même avec peu d'importation chaque année.
Dans la liste des chiens engagés aux expositions de 1902 à 1910 on retrouve souvent des noms français et des noms de champions américains ou de leur descendance.
En 1914, à Richmond ( M. Paul Mégnin juge ), il y eut 84 entrées. On remarqua le champion Ambroise et le champion Lady Lolette.
Pendant la guerre les expositions continuèrent tant bien que mal, sauf en 1917 et 1918.
En 1920, 1921, 1922 et 1923, on constata les exploits du chien Enfant Prodigue, à Mrs. Hubert Roberts, et de Tiger, à M. J. Q. Smith ( Lady Kathelin Pelkington juge ).
CH. Hunks Bequest, un des gros vainqueurs d'Amérique arrivé en Angleterre n'y a connu que des succès. Il gagna tous les championnats où il fut présenté. Il est considéré comme le meilleur chien exporté d'Amérique. Il pesait 20 livres anglaises.
Son apparence générale était trés plaisante mais il avait trop de lévres au point de vue français, lévres qu'on retrouve dans toute sa descendance avec, empressons-nous d'ajouter, sa totale absence de nez.
Il était bas et compact. Né en 1910 il avait pour pére CH. Nelcott Gamin, le célèbre chien français rapporté en Amérique par Goldenberg et considéré comme le pilier de la race américaine, hors de Felice. Il possédait doublement, de cette manière, le sang de Boulot II, fils de Boulot 1er.
Nous avons actuellement en France un de ses descendants, Keysoe Ambassadeur, anciennement la propriété de Mrs. Grodney, et actuellement celle de Mme Gayot à Versailles.
Keysoe Ambassadeur tient de son grand-père les qualités de bon étalon. Il a fait ses preuves en Angleterre avant de venir en France.
Mrs. Roberts acheta à Paris le chien CH. Gavroche à M. Divo. Aprés trois mois de quarantaine Gavroche parut dans les expositions et devint champion aprés les trois premiéres expositions. Il était le fils de Barnum à Mr. Albouis.
L'Entente Monsieur le Duc fut aussi un chien remarquable. Tout ce que nous venons de dire s'étend entre les années 1902 et 1925.
Mr. F. Romilly écrivit un long article sur le French Bulldog en Angleterre qu'on peut résumer ainsi :
Le Kennel Club fut obligé par la force des choses et malgré les controverses, à retirer le Bouledogue français de la division des chiens étrangers et à le classer dans la catégorie du French Bulldog.
Son poids ne devait pas dépasser 24 livres pour les mâles, et 22 livres pour les femelles, poids ideal du Bouledogue français. Mais notons qu'en Angleterre comme en Amérique on s'en rapporte toujours au jugement des français qui, ajoute M. Romilly, avec si peu d'encouragement élevèrent cette race et la développérent, et maintinrent par conséquent un type parfaitement spécial qui répond entiérement au goût gaulois et à son idéal artistique.
A l'exposition de 1911, M. Menans de Corre et M. Goldenberg ne furent pas toujours du même avis.
M. Goldenberg trouvait dans la race du French Bulldog en Angleterre un manque de "Bulliness" et de massivité dans le crâne. Il avait déclaré comme la meilleure tête de chien celle d'un chien dont M. Menans de Corre n'aimait pas le sillon sur le crâne, signe certain de quelque descendance de sang anglais. Ces divergences d'opinion soulevérent la brûlante question du standard universel.
Ceci détermina une "description du Bouledogue Français d'aprés les vues françaises" et cette description fut approuvée par M. Menans de Corre qui la donna au Kennel Club en 1909.
En 1932 l'élevage a pris un grand développement. Il va en s'améliorant chaque année.



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