LES ORIGINES DU BOULEDOGUE FRANÇAİS
Bref aperçu historique
Les textes en rouges sont des hyperliens.



Le Bulldog anglais en 1800 qui est un lien essentiel
dans le devenir du Bouledogue Français.
Extrait de "Cinographia Britannica" Londre, 1800.




 Image tirée de "Le Sport Universel Ilustré" de 1904.
Bull Francais de M. RAOUL DUVAL.

Ce chien, bréviligne, primesautier autant qu'affectueux, est un descendant du molosse d'Asie ou dogue du Tibet, qui en présente déjà les caractéres majeurs : museau court et tronqué, sinus frontaux développés, caractére énergique, aptitude au combat.
Le bulldog ( Bull = taureau ) dans l'antique combat du "bullbainting" coiffait le taureau ou l'ours et le maintenait grâce à son museau aplati qui lui permettait de respirer sans lâcher prise, tout en développant une grande force de préhansion due à l'importance des muscles massèters allié à la longueur trés réduite de son maxillaire inférieur.
Peu à peu, les dogues, qui étaient en outre utilisés comme chiens de guerre, furent retirés du combat et les nobles s'en désintéressérent. Malgré tout, vers la fin du XVIIIe siécle, le bulldog était devenu un chien du peuple, ce dernier reprenant à son compte les joutes contre l'ours ou le taureau, tombées en défaveur, et y ajoutant les combats entre chiens.
Le Bulldog abâtardi dès le XVIIIe siécle par des croisements avec des terriers divers allait disparaître complétement en Angleterre en tant que chien de combat, aprés l'abolition des combats contre taureaux et ours, puis ceux de chiens, en 
1858. A la suite de ces divers croisements, sa taille avait sensiblement diminué et dès lors il devenait le chien de compagnie des ouvriers.

Dans les années 1850 à 1860, des ouvriers anglais du textile venu de Nottingham avec leurs bulldogs miniatures ( Toy-Bulldog ), furent accueillis en France dans les villes cotiéres de Normandie, Calais et Bretagne. Le bulldog miniature avait deux qualités. Il était ratier et pugnace. Il attira tout naturellement des professionnels .
En 1933, dans son livre dédié au Bouledogue Français ( " Le Bouledogue Français : son origine, son histoire, son elevage "  - premier ouvrage français sur la race publié en 1933 ) la Comtesse Nahida De Waldner de Freundstein Comminges ( 1833 - 1911 ) nous parle des Bouledogues utilisaient comme ratiers : 

" En 1860, quand les dentelliers de Nottingham émigrèrent en Normandie, Nottingham était le grand centre des Bulldogs. Les dentelliers une fois installés firent venir de petits Bulldogs pour leur servir de compagnons. Aucun pedigree ne fut demandé ou gardé. Ils passaient le détroit, devenaient simplement des familiers de la maison et leur propriétaires ne s'inquiétaient guére de leurs saillies. Ils n'étaitent pas regardants à cet égard et j'entendis dire que beaucoup d'entre eux accouplérent leurs chiennes avec des petits terriers dans l'intention de leur donner l'instinct de la chasse des rats".

En 1860, l'exportation de Bulldogs miniatures était si importante qu'ils ont pratiquement disparu de l'Angleterre.

Dans les années 1900, à la Villette ( quartier parisien où se trouvaient des abattoirs ), les bouchers parisiens avaient des doguins pour compagnons qu'ils pouvaient utiliser comme chien de combat. A cette époque, les combats de chiens étaient des divertissements trés appreciés. Pour ces combats, les chiens étaient ornés de collier de cuir garnis de poils de blaireaux .
Les cochers avaient des ratiers pour se débarasser des rats dans leur écurie. Ils firent des croisement avec le terrier, le Bouledogue anglais (ou Toy-Bulldog) et  le doguin notamment, pour avoir des chiens de combats plus petits qui acquirent par la suite le nom de Bouledogues Français.

Des amateurs
commencérent une séléction. Le bouledogue Français était né à Paris .

Un Toy-Bulldog et un Bouledogue Français
par Arthur Wardle

1873 - 1954 Sidonie Gabrielle Colette avec "Toby-chien"
son bouledogue Français. Image tirée du livre "Chiens de Colette".
A cette époque, Paris était une ville en vogue. Les étrangers aimaient Paris et ont adorés le Bouledogue Français. Beaucoup d'aristocrates, de bourgeois avaient leur Bouledogue Français.

La premiére guerre mondiale mit un frein à son développement.
Pendant les années folles, à Paris on a pas perdu l'habitude de faire la fête et le bouledogues Français était de la partie. Il était le chien de la femme libérée et des artistes. Il devint par la suite le chien de la haute société.

Avec la deuxiéme guerre mondiale, le bouledogue Français rentra dans la confidentialité.

En 1934, apparait "LE LIVRE D'OR DE L'ESPECE CANINE" édité par la S.C.C tiré à 185 exemplaires. Il est une encyclopédie scientifique de toutes les races composée de 280 pages. La préface indique qu'il est également une sorte de livre héraltique du Livre des Origines Française (L.O.F).
Chaque race comporte un commentaire. Celui consacré au Bouledogue Français est le suivant :

" Cette race est d'origine bien Française, pourtant son type, son aspect et ses caractéres sont à present bien différents de ce qu'ils étaient voici un siécle.
A cette époque, le Bouledogue présentait un aspect moins massif, plus enlevé et d'allure plus légère. La tête, notamment, plus profilée, et avec un museau assez épais, certes, mais cependant assez long, et les oreilles tombant sur les côtés.
La queue était d'une longueur normale, et le corps d'un ensemble plus mobile, que la silhouette du Bull Terrier de nos jours rapelle un peu, en moins lourd, toutefois.

Aprés diverses sélections, dues à l'origine, bien plutôt au hasard des voisinages qu'à une recherche raisonnée, la tête s'arrondit, le museau raccourcit et les oreilles se dressèrent. D'aucuns prétendent que le phénomène constaté chez les races où l'ablation de la queue est constamment pratiquée, a provoqué la naissance de nombreux sujets anoures.
Le redressement des oreilles chez le Bouledogue proviendrait alors, dit-on, de l'ablation totale ou patielle de ces appendices chez des sujets dont la destination assez naturelle étant de combattre, se voyaient amputés des membranes auditives pour laisser moins de prise aux attaques.

Ce qui est plus certain, c'est que pour quelque cause que ce soit des sujets étant porteurs d'oreilles droites furent sélectionnés et rassemblés assez constamment pour tenter de fixer cette originale particularité.
Il est par ailleurs, remarquable que ce détail essentiel de la physionomie du Bouledogue Français constitue avec le nez presqu'absent le principal souçi des producteurs, et c'est précisement la fréquence assez élevée des déceptions constatées à cet égard, qui peut permettre d'affirmer que cette conformation n'est pas naturelle à la race, car peu de sujets la possédent dans les conditions de perfection tant désirées des amateurs de Bouledogue Français.

Ensuite, le poids lui-même fut abaissé dans des proportions considérables. A l'origine, un Bouledogue pesait de 18 à 25 kilogrammes. Diverses préférences et une mode inopinément surgie, firent désirer des sujets d'un poids moitié moindre, de sorte qu'il n'est plus accepté de nos jours de chiens de ce poids, par ailleurs, sont moins estimés que ceux encore plus légers.

Ce n'est pas sans de dures conséquences physiologiques que d'aussi graves modifications du type initial furent obtenues. Le Bouledogue Français moderne est , en général, un chien de santé assez délicate, souvent doué d'une faible appétence et difficile à nourir et la parturition extrémement dangereuse pour les chiennes démunies de toute rusticité, constitue un des obstacles les plus graves au grand développement du nombre des produits d'elevage et même, osons le dire, de leur qualité générale.

Par contre, les qualités morales de ce chien sont uniques dans l'espéce canine. D'une intelligence prodigieuse, constamment éveillée et toujours tendue vers son maître, le Bouledogue est un compagnon d'un esprit si prés de l'humanité, que bien peu parmi les amateurs qui en ont possédé, peuvent arriver à s'en passer ensuite.
D'une âme - le mot n'est pas trop gros - nette et simple, d'une bonté et d'une douceur jamais en défaut, ce chien est en même temps doué d'une froide bravoure et d'une tenacité au combat, devenue légendaire. C'est le chien qui tient et ne lâche jamais, ni l'adversaire, ni l'affection qu'il porte à son maître. Ordinairement calme et méditatif, il dédaigne les menus incidents qui surgissent prés de lui et pointant légèrement les oreilles, il se retourne ensuite avec le mouvement de notre haussement d'épaules.

Jusque vers 1900, cette race était élevée par des amateurs de condition modeste, leur préference inconsciente les poussait vers ce type à physionomie un peu humaine, mais dés 1901 et 1902, de nombreux amateurs américains s'en éprirent et vinrent en France acquérir à prix d'or les meilleurs représentants de la race.
Et ce fût dés lors le commencement de la débacle, car plus avides d'argent que de sport, les éleveurs abandonnérent leurs plus beaux sujets aux acquéreurs étrangers, ne conservant que les inférieurs pour la production.

Puis vint la guerre, dont l'une des moindres conséquences fut l'abandon de presque tous les élevages. Aussi, vers 1920, ne restait-il plus, pour ainsi dire, d'élemants intéressants de reproduction.

Par miracle, cependant, quelques sujets moyens subsistaient encore, qui triomphaient, sans lutte, dans des classes appauvries, où l'on vit tel chien obtenir des Premiers Prix alors qu'un semblable n'eut pas atteint à la Mention, 10 ans plus tôt.

Il est heureux que certains élevages étrangers, constitués en Hollande, en Angleterre, aux Etats Unis et en Suisse, aient pu aider à ranimer une flamme déjà vacillante et coopérer au relévement d'une race dont la valeur était presque éteinte.

On commence à en entrevoir les résultats. Les Bouledogues actuellement présentés sont plus robustes, plus actifs et vivaces, que ceux qui les précédaient immédiatement et avec le goût sans cesse croissant des amateurs de cette précieuses race, il est permis de croire au retour prochain de la perfection ancienne.

Ce sera tout à l'honneur des éleveurs courageux - oh combien ! - que rien ne rebute dans ce difficile et décevant travail, et dont nous citons quelques un ci-dessous. "

Le CHENIL DES TRAVERS JUSSET à M. Lecomte.
Le CHENIL DE LA PORTE DE LA CROIX à M. Laporte.
Le CHENIL VON MERLISCHACHEN à Mme M. muller ( Suisse ).
Le CHENIL DE MAIA à M. Jean Gayot.



Carte postale ancienne.



A lire également un texte original de 1950 de A. PERRON en cliquant ici

Quelques dates importantes :

- 1880, Definition du standard par le Club ( poids de 15Kg maximum pour les mâle et de 12,5Kg pour les femelles ). Président M. ROGER.
- 1890, Le standard évoque comme defauts les oreilles enroulées., le poids pour un mâle doit être de 11Kg et de 10Kg pour une femelle. Président M. BENNET.
- 1898, Naissance du Club du Bouledogue Français et reconnu la même année par la société centrale canine.
- 1912, La France est détentrice du standard de la race et l'adodoption du standard est reconnu au niveau international.
- 1932, nouvelle évolution du standard en ce qui concerne le poids : il doit être compris entre 8 et 14Kg pour les mâles et entre 7 et 13Kg pour les femelles.
- 1974, Le Club du Bouledogue Français est agrée par le ministére de l'agriculture.
- 1986, Premiére nationale d'élevage qui rassembla 75 chiens inscrits dont 61 presents. President du Club, M. REANT. Pour voir les resultats de cette exposition avec des photos de certains chiens cliquer ici


Sources : Le Bouledogue Français - Emmanuel-P. et Anita-L Gay.
             
  Bulletin du Club du Bouledogue Français - numéro 2 de 1991
               
Le site de Mme Pilar -  Bulldog Francés / French Bulldog www.bulldogfrances.com
                Livre Le bouledogue Français, son origine, son histoire, son élevage - Waldner Comminges.


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